Pain Rond à la semoule

Ce pain commence au pétrissage. Pas à la cuisson, pas à la découpe, pas au moment où on le sort du four. Tout se joue bien avant, quand la pâte tourne lentement dans le bol, sans chauffer, sans précipitation. C’est là que sa texture se construit, que la mie se dessine, que l’équilibre se fait. Si on va trop vite, il perd ce qui fait son intérêt. Si on le respecte, il donne exactement ce qu’on attend de lui.

Une fois cuit, il se prête à tout. Coupé en deux pour un sandwich généreux, fendu horizontalement pour un burger maison, tranché pour des tartines ou simplement posé au centre de la table pour accompagner un plat en sauce. Sa mie est souple, claire, régulière. Elle se tient sans être sèche, absorbe sans s’effondrer, et garde toujours une vraie mâche.

C’est un pain qu’on refait parce qu’il fonctionne. Pas parce qu’il impressionne, mais parce qu’il s’adapte. Il plaît aux enfants, aux adultes, à ceux qui aiment le salé comme à ceux qui le mangent avec quelque chose de sucré. Un pain du quotidien, mais maîtrisé, où chaque étape a une raison d’exister.

Visuellement, il a tout pour plaire. Une croûte dorée, régulière, légèrement poudrée de semoule. Une grigne simple, en croix, franche, sans fioriture. Rien de décoratif à outrance. Juste ce qu’il faut pour laisser le pain respirer à la cuisson et s’ouvrir naturellement. À la sortie du four, il est là, bien rond, bien formé, avec cette couleur chaude qui donne envie de taper doucement dessus pour entendre s’il sonne creux. Spoiler : il sonne creux.

Mais c’est à l’intérieur que tout se joue.

Quand on le coupe, la mie accroche immédiatement la lumière. Elle n’est ni blanche éclatante, ni jaune appuyée. Elle est crème, légèrement ivoire, homogène. Les alvéoles sont présentes, bien réparties, sans trous béants ni zones compactes. Une mie souple, filante, qui s’étire légèrement quand on tire dessus, puis revient en place. Une mie qui a de la tenue, mais pas de rigidité. Le genre de texture qui accepte tout ce qu’on lui impose.

Ce pain est aussi à l’aise en salé qu’en sucré, et ce n’est pas une formule toute faite. C’est un constat. Le matin, coupé en deux, légèrement toasté, avec un peu de beurre ou de confiture, il fait le travail sans chercher à dominer. Il accompagne. Il soutient. Il laisse la place. À midi, il devient un pain à sandwich évident. On peut le fendre, le garnir généreusement, le presser légèrement : il ne s’effondre pas. Il absorbe juste ce qu’il faut, sans devenir spongieux. Le soir, il se transforme encore. En pain pour saucer. En pain pour accompagner un plat mijoté. En pain qu’on arrache avec les doigts.

Et puis il y a ces usages qu’on n’avait pas forcément prévus au départ, mais qui s’imposent naturellement. Le couper horizontalement pour en faire un burger maison. La mie est suffisamment dense pour supporter un steak juteux, une sauce, quelques légumes, sans se déliter. La croûte, elle, apporte juste ce qu’il faut de résistance à la mâche. Pas besoin de pain spécial burger quand on a ça sous la main.

On peut aussi le décliner. Le faire un peu plus petit, façon pains individuels. Les cuire légèrement plus clairs pour qu’ils restent ultra souples. Les couper en tranches épaisses pour des tartines, des bruschettas, ou simplement pour être grillés. Ce pain s’adapte. Il ne demande qu’à être utilisé.

Ce qui fait sa force, ce n’est pas une liste d’ingrédients compliquée. Ce n’est pas un tour de main inaccessible. C’est une chose beaucoup plus simple, et paradoxalement plus exigeante : le respect du temps et du geste.

Tout commence au pétrissage. Pas un pétrissage brutal, pas une course contre la montre. Ici, on cherche à développer le réseau de gluten lentement, sans chauffer la pâte. C’est fondamental. Une pâte trop chauffée, même légèrement, perd une partie de son potentiel. Elle devient collante, fragile, et la mie s’en ressent à la cuisson. À l’inverse, un pétrissage doux, long, régulier, transforme complètement la texture finale. La pâte devient élastique, lisse, presque satinée. Elle s’étire sans se déchirer. Elle vit.

C’est d’ailleurs quelque chose qu’on voit très bien à la main. Quand on soulève la pâte, elle s’allonge, forme des fibres continues, puis se rassemble. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est parlant. On sent que la pâte est prête. Pas parce qu’un minuteur a sonné, mais parce qu’elle a atteint le bon état.

La première pousse se fait sans précipitation. On couvre, on laisse faire. La pâte double, tranquillement. Pas besoin de chercher une fermentation ultra complexe ou une acidité marquée. Ce pain n’est pas là pour ça. Il est là pour être consensuel, fédérateur, accessible à toute la famille. Un pain que les enfants mangent sans grimacer, que les adultes apprécient sans s’ennuyer.

Au façonnage, on serre. Vraiment. Pas pour contraindre la pâte, mais pour lui donner une structure. Un boulage bien serré, c’est la garantie d’une belle tenue à la cuisson, d’une croûte régulière, et d’un développement harmonieux au four. Là encore, rien de spectaculaire, juste de la précision.

Le passage dans l’eau, puis dans la semoule, est presque un détail. Mais un détail qui change tout. La semoule apporte cette texture en surface, cette légère accroche sous les doigts, cette couleur si caractéristique après cuisson. Elle donne aussi une identité visuelle au pain. On le reconnaît immédiatement.

La grigne en croix n’est pas décorative. Elle est fonctionnelle. Elle guide l’ouverture du pain. Elle permet une expansion contrôlée. Elle participe à l’équilibre final. Trop profonde, elle fragilise. Trop timide, elle étouffe. Ici, elle est nette, assumée, juste.

La cuisson, enfin, se fait à four bien chaud. Très chaud. C’est ce choc thermique qui permet à la croûte de se former rapidement, de piéger l’humidité à l’intérieur, et de créer ce contraste si agréable entre l’extérieur croustillant et l’intérieur moelleux. Quelques minutes de plus ou de moins changent tout. On cherche une belle coloration, pas une croûte brûlée. Une croûte qui chante encore légèrement en refroidissant.

Quand on sort ces pains du four, l’odeur remplit la cuisine. Une odeur simple, rassurante. Pas agressive, pas levurée. Juste l’odeur du pain. Celui qui appelle spontanément un couteau, une planche, et quelques mains qui traînent.

Ce qui est intéressant avec ce pain, c’est qu’il ne fatigue jamais. On peut le manger plusieurs jours de suite sans lassitude. Il accompagne les repas, mais il peut aussi devenir le centre de l’assiette. Un pain, un peu de fromage, une salade, et le tour est joué. Un pain coupé, garni, emballé, et c’est un déjeuner nomade parfait.

Il séduit toute la famille parce qu’il ne cherche pas à diviser. Il ne prend pas parti. Il ne s’impose pas. Il est là, fiable, constant. On sait à quoi s’attendre, et c’est précisément pour ça qu’on l’aime.

Ce pain rappelle que la boulangerie maison n’a pas besoin d’être compliquée pour être bonne. Qu’un bon pétrissage vaut mieux que mille astuces. Que la patience est souvent l’ingrédient manquant. Et qu’un pain réussi, c’est avant tout un pain qu’on a envie de partager.

On peut le refaire à l’identique, ou l’adapter. Jouer sur les formats. Les usages. Les moments. Mais la base reste la même. Une pâte bien travaillée. Une cuisson maîtrisée. Et cette sensation, à chaque fournée, d’avoir fait quelque chose de simple, mais juste.

Pain semoule

Imprimer Pin Note
Keyword: pain maison, pain mie filante, Pain semoule
Temps de préparation: 35 minutes
Temps de cuisson: 16 minutes
Temps de pétrissage et de repos: 1 heure 40 minutes
Servings: 4
Calories: 480kcal
Commencez à cuisiner

Ingrédients

  • 300 g d’eau
  • 10 g de sel
  • 2 cuillères à soupe de lait en poudre
  • 200 g de farine
  • 300 g de semoule extra-fine
  • 5 g de levure boulangère sèche ou 20 g de levure fraîche
  • 1 cuillère à café de sucre
  • 20 g d’eau tiède pour la levure
  • Semoule fine pour l’enrobage

Instructions

  • Pâte de base
  • Mettre dans le bol du robot :
  • l’eau
  • le sel
  • le lait en poudre
  • Ajouter la farine et la semoule.
  • Pétrir à vitesse moyenne pendant 15 à 20 minutes, sans chauffer la pâte.
  • La pâte devient lisse, souple, très élastique (mie filante visible à l’étirement).
  • Activation de la levure
  • Dans un bol :
  • 20 g d’eau tiède
  • le sucre
  • la levure
  • Mélanger, couvrir, laisser mousser 5 à 10 minutes jusqu’à doublement.
  • Incorporation
  • Ajouter la levure activée à la pâte.
  • Pétrir encore 7 à 8 minutes, jusqu’à absorption complète.
  • Première pousse
  • Laisser lever dans le bol du robot couvert ou dans un saladier.
  • La pâte doit doubler de volume (environ 1 h à 1 h 30).
  • Façonnage
  • Dégazer la pâte.
  • Diviser en 4 pâtons.
  • Bouler bien serré pour assurer une belle croûte et une bonne tenue.
  • Tremper une face de chaque boule dans un bol d’eau, puis immédiatement dans la semoule.
  • Grignage
  • Déposer les pains sur une plaque recouverte de papier cuisson.
  • Chiqueter en croix, net et franc avec une lame ou un couteau .
  • Cuisson
  • Four très chaud :
  • 220 °C minimum, idéalement 230–240 °C
  • Cuisson 12 à 16 minutes

Video

Notes

Les pains doivent :
  • bien se développer
  • avoir une croûte dorée et sèche
  • sonner creux en dessous

Dégustation

À manger chaud ou tiède.
Parfait :
  • en sauce
  • en tartine
  • pour saucer un plat
  • ou juste avec un filet d’huile d’olive
Mie aérée, filante, croûte fine et croustillante.

Nutrition

Calories: 480kcal
Tu as essayé cette recette?Mention @lemoulinasaveurs ou tag #lemoulinasaveurs!

Besoin d’inspiration ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Evaluation de la recette